11 mars 2010
LA CITE DES CITOYENS
Après avoir posé les questions, il faut définir les termes de cité et de citoyenneté.
Bien entendu, nous n’échapperons pas à l’obligation de donner la définition de la cité et du citoyen.
La cité désigne une société humaine, indépendante des autres, ayant son gouvernement, sa religion et ses propres mœurs. Née dans l’antiquité pour rompre avec le nomadisme, elle est devenue un pôle d’artisanat et de commerce dont l’organisation a nécessité la création de fonctions communautaires plus connues sous la dénomination de services publics.
Puis la cité est devenue une parcelle des Etats.
A la révolution française, la cité est appelée « Commune » au sens de commun aux habitants d’un même lieu. Puis la notion de collectivité territoriale est venue confirmer le statut de non indépendance des territoires locaux.
La citoyenneté c’est la reconnaissance d’un statut de membre de la cité qui implique un échange où les droits civils et politiques sont compensés par le fait de partager et de s’impliquer dans un projet commun.
Ces définitions posent deux principes :
- L’administration de la cité doit disposer d’un modèle national car le droit, mis à part quelques exceptions, est applicable sur l’ensemble du pays.
Il n’y a pas de coutumes locales qui prévalent sur le droit national quoiqu’en pensent certains élus locaux. Ce principe d’unité de la loi est l’héritage de la révolution française et de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen.
- La citoyenneté s’exprime de nombreuses manières qui portent sur le financement des besoins locaux comme sur l’implication civique et politique des habitants.
L’impôt apparaît comme une obligation de la citoyenneté et à ce titre, il doit être juste et proportionné. De même, la solidarité où l’aide publique doit obliger à une contrepartie du bénéficiaire. Or, force est de constater que le social tend à devenir un moyen de communication et de tranquillisation.
Le gouvernement de la cité est aujourd’hui sanctuarisé dans un ouvrage unique appelé « Code Général des Collectivités Territoriales » (CGCT). Ce Code règlemente les obligations et les devoirs des élus municipaux envers les citoyens.
Nous proposerons, épisodiquement quelques pages de ce Code, si peu connu, et si important pour mettre en évidence le rôle et la fonction des acteurs de la cité.
Par ailleurs, depuis près de 10 ans, la participation des citoyens est devenue l’objet de toutes les attentions. Et pour cause, les Français s’éloignaient de plus en plus de la vie politique, en mettant nos hommes d’Etat dans « le même panier ». L’expression existe encore et il est fréquent d’entendre les électeurs dépités avoir ce discours globalisateur.
Avec la démocratie participative, le législateur a redonné un sens à la citoyenneté et les communes qui gèrent sans partage et sans égard du peuple ne sont plus très nombreuses.
Certaines communes contournent cependant ces obligations. C’est l’exemple de Saint-Chamas où les groupes de réflexion, les comités, les assemblées extra-municipales continuent d’être constituées adroitement pour éviter la contestation.
Mais que font les préfets sensés faire respecter les codes de la République ?
Le droit français est l’un des plus égalitaires du monde. La notion de citoyen y est fondamentale.
Pour retrouver l’équilibre institutionnel, la cité doit à nouveau forger son avenir avec les citoyens ; ce qui ne veut pas dire avec leurs voix aux élections, mais avec leurs bras pour construire une cité juste, durable et destinée aux futures générations.
La cité se construit pour le devenir. Les maisons ne doivent pas être jetables, les murs ne doivent pas se lézarder à la première tempête, le sol ne doit pas être la lise de l’espérance. La cité doit évoluer par l’apport de chaque génération de citoyen, chacun avec son temps, chacun avec sa volonté de laisser une trace indélébile dans la pierre.
La cité des citoyens n’est donc pas une utopie puisqu’elle est inscrite au fronton de la République avec ces trois mots : LIBERTE – EGALITE – FRATERNITE.
03 mars 2010
TOUT COMMENCE PAR DES QUESTIONS...
Un projet de société doit s’inscrire dans la durée, anticiper l’avenir dans sa complexité, et surtout poser le devenir sans se focaliser sur le présent.
La démarche se démarque des méthodes politiques classiques qui n’ont de perspectives que le court terme, l’effet d’annonce, les meilleures pages d’un pseudo triomphalisme facile. Il faut, à un moment donné avoir la volonté de rompre avec la facilité du rendez-vous électoral qui focalise les esprits jusqu’au jour fatidique.
Penser demain oblige à se donner le temps de la réflexion, et c’est le choix de notre engagement loin des luttes partisanes, loin des conflictuels débats d’actualité.
Le « club cité citoyenne » est né en février 2010. Mais son histoire remonte déjà à plusieurs années. Voilà deux ans, qu’un travail pluridisciplinaire a commencé et une synthèse a fait apparaître l’esquisse d’un véritable projet politique qui sortira Saint-Chamas de son enlisement coutumier.
Le choix d’un club de réflexion n’est pas innocent. L’avenir ne se fera pas dans le chaudron d’un seul parti politique ni dans des alliances circonstancielles. Il faudra même se démarquer des imageries populaires du monde politique pour ouvrir à une citoyenneté pluraliste.
Aujourd’hui, la politique se construit par réseaux, par sphères d’influences, par remboursements de dettes morales et matérielles. Les idées sont rangées dans le placard de l’ambition et ne servent qu’à la rhétorique du langage médiatique. Les projets de ville sont dénués de cette notion de durée et on oublie trop vite que le temps est à la fois un outil de prévision et une force d’adhésion. Construire l’avenir sur la seule connaissance du présent confine à cette absurdité que demain est sans espoir.
Or, un projet de société doit être durable pour apporter l’espérance. Dire que l’on va construire une infrastructure se limite souvent à voir l’immédiateté du besoin et sur le plan économique beaucoup d’erreurs sont commises par la réponse à l’urgence. Un plan doit être à même de résoudre l’alchimie entre l’évolution de la cité et les besoins des citoyens. Ce plan doit être lisible pour donner de l’espérance à chaque génération.
Un club de réflexion n’est pas un tremplin pour une ambition individuelle mais pour une idée collective, et tout commence par des questions dont certaines semblent être sorties d’un devoir de philosophie.
Qu’est-ce qu’une cité ?
Qu’est-ce qu’un citoyen ?
Et voilà posé la première pierre de l’édifice du projet !
Certes un dictionnaire pourrait répondre à cette interrogation surprise mais en grattant le sujet, on découvre que la cité d’aujourd’hui est une collectivité territoriale.
Qu’est-ce qu’une collectivité territoriale ?
Et voilà que de la pensée grecque de la cité, la réponse semble provenir du droit constitutionnel !
Mais en ouvrant un livre de droit, la réponse est éclatante de simplicité.
Non, notre réflexion sur la cité et sur les citoyens ne doit pas se limiter ni à narrer nostalgiquement l’histoire ni à vulgariser les pierres angulaires de l’unité nationale ; non, notre réflexion doit s’émanciper du savoir traditionnel pour chercher une autre voie.
Une autre voie ! Cela fait plusieurs décennies que les politiciens nous la promettent !
Et pourtant, c’est bien là, la démarche que s’impose le « club de réflexion ». Faire ce que les autres n’ont pas osé, retrouver l’innovation comme moteur d’espérance, construire un avenir crédible et durable qui ne se limite pas aux seuls défis actuels de la société.
Et pourquoi une cité citoyenne ?
Tout simplement parce que l’on tend à nous faire croire que les citoyens ont déserté la cité, que l’individualisme trône en maître dans notre société de l’argent. Tout naturellement parce que la pratique politique y gagne à marginaliser ou à isoler toutes les bonnes volontés qui pensent encore qu’un citoyen est le garant de la démocratie. La
Certes, à chaque élection, il est bon et notable d’aller chercher ces acteurs locaux ; mais cela se limite à absorber pour mieux corrompre.
Notre cité citoyenne est fondée sur la reconnaissance des autres, qu’ils soient acteurs dynamiques, spectateurs engagés ou observateurs passifs. Car une cité est citoyenne par sa diversité. Car une cité est citoyenne par chacun de ses habitants.
Qu’est-ce qu’une cité ?
Qu’est-ce qu’un citoyen ?
Tout commence toujours par de simples questions …
